La consommation des ménages en produits manufacturés a reculé de 0,6% en mars après une hausse revue à la baisse à +1,4% en février (contre +1,8% en première estimation), selon les données corrigées des jours ouvrables et des variations saisonnières publiées vendredi par l'Insee.
Le recul du mois de mars s'explique presque entièrement par l'effondrement des dépenses en habillement (-8% sur le mois après +4,3% en février et +1,8% en janvier) en liaison avec la fin de la période des soldes.
En revanche, les dépenses d'équipement du logement ont continué de progresser (+3,8% en mars et +19,4% sur un an).
Soulignant la part prépondérante des biens électroniques dans ces dépenses, Emmanuel Ferry, économiste chez BNP Paribas, renchérit en soulignant qu'en valeur les achats de biens électroniques devraient dépasser cette année ceux d'automobiles.
"Le revers de la médaille, c'est qu'il s'agit de biens importés à 100% et ce profil de consommation très particulier se traduit par un déficit commercial structurel" prévient-il.
"La vigueur de la consommation des ménages française ne se retrouve pas immédiatement en termes d'activité et de production, car une par croissante des biens consommés est importée" souligne Laure Maillard, économiste chez Ixis CIB.
La part des biens importés dans la consommation des ménages en produits manufacturés, qui représente 27% de leur consommation totale, a ainsi doublé en dix ans passant de 8% à 16%, selon Laure Maillard.
Elle estime par ailleurs que la hausse des taux d'intérêt et la progression encore faible du pouvoir d'achat devraient peser sur la consommation dans les mois à venir.