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Jean-Marie ORIHUEL,Josyane ROYERE, Jean-Claude GAGNON et toute leur équipe ont projet de vous faire percevoir les valeurs et messages du "Mouvement Démocrate".

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Immigration: on a tout essayé

« ON A TOUT ESSAYE »
 
Gabriel Lévy
 
Cette sentence de François Mitterrand, à propos du chômage en France, a toutes les raisons de s’appliquer demain à l’immigration. Nous faisons des lois pour la restreindre, mais elles seront inefficaces.
 
Si les ministres des pays de l’Europe se réunissent avec régularité et constance pour étudier le sujet, personne n’a empêché l’Espagne de régulariser 800.000 sans papiers et l’Italie 500.000. Autant dire, une facilité acquise pour ces immigrés régularisés de se déplacer dans les pays limitrophes. Mais, ne régulariser en aucun cas des « sans papiers », c’est les faire vivre sans ressource dans une clandestinité favorable à la délinquance. Même sans ressource précise, ils vivront encore mieux que dans leurs pays d’origine. Par ailleurs, les régulariser, c’est favoriser l’arrivée de nouveaux contingents en ouvrant les guichets de la protection sociale, des RMI, des minima sociaux… la pompe aspirante !
 
Quels que soient les choix, les flux migratoires s’intensifient, de façon quasi-exponentielle, des bords de la méditerranée (Melilla, Lampedusa) aux îles Canaries.
 
Car il faut rappeler la prophétie du président algérien Hari Boumediene, en 1976 à la tribune des Nations unies : « Un jour, des millions d’hommes quitteront les parties méridionales pauvres du monde pour faire irruption dans les espaces relativement accessibles de l’hémisphère Nord, à la recherche de leur propre survie. »
 
C’était il y a 30 ans et nos élites, de toute tendance, avaient sûrement pris conscience de la gravité de la situation, mais aucune ne songeait ou ne pouvait, pour des raisons le plus souvent électorales, envisager la moindre mesure pour y faire face. Il est vrai qu’aucune mesure prise séparément n’est satisfaisante.
 
En effet, la question fondamentale est comment aider ces populations dans un état de misère absolue ? Contrairement à l’anathème en vogue, la faute n’incombe pas, surtout 50 ans plus tard, à l’ex-puissance coloniale. Ainsi faut-il rappeler le livre écrit - peu de temps après l’accès à l’indépendance des colonies françaises - par René Dumont, fervent partisan de cette indépendance, sous le titre : « l’Afrique est mal partie » … Encore une prophétie qui se réalise ! Aujourd’hui, l’Afrique est en proie à des guerres civiles, à des guerres ethniques, à des massacres parfois. Elle est soumise le plus souvent à des régimes dictatoriaux et les aides financières considérables fournies (1) par nos pays sont soit détournées par les dirigeants, soit si mal utilisées qu’elles se perdent inutilement comme l’eau qui arroserait le désert, quand elles ne servent pas uniquement à des équipements militaires. 
 
Malheureusement, la moindre solution pour rationaliser et rendre efficaces les efforts financiers que nous fournissons apparaîtra aujourd’hui comme une tutelle insupportable, comme du néo-colonialisme.
 
Et pourtant, pour que ces populations aient un emploi, écartent la misère et acquièrent la dignité, il faudrait :
1°) sur place, des dirigeants vertueux,
2°) des entreprises occidentales qui investissent massivement dans ces pays, et non uniquement des fonds publics (2),
3°) l’ouverture des marchés, dont évidemment le marché français, afin qu’ils puissent vendre leur production agricole (céréales, café, cacao, bananes, canne à sucre..). Un libéralisme dangereux pour l’économie nationale et qui n’est pas dans l’air du temps.
 
A supposer que nos concitoyens consentent à cet effort, peut-on demander aussi à des coopérants de risquer leur vie sous des régimes instables, à des entreprises d’investir à titre précaire puisqu’un gouvernement peut du jour au lendemain les nationaliser et donc les spolier ?
 
Avons-nous réellement tout essayé ? Comme pour le chômage, nous ne traitons que le symptôme, sans doute parce que le traitement de la cause nous paraît inaccessible. Qu’il s’agisse du chômage ou de l’immigration, ce traitement passe, au moins partiellement, par la création de richesses. Plus difficile à faire qu’à promettre. Et même, dans une relative opulence, comment obtenir que les dirigeants deviennent vertueux ? Bref, l’utopie. Désespérant !
 
 
1-« L'Afrique noire est mal partie » René Dumont. Ed Seuil, octobre 1962.
 
2- « L'effort consenti par la France en 2005 s'élève à environ 0,44 % du revenu national brut, dont les 2/3 bénéficient à l'Afrique ». JO Assemblée Nationale. 01/11/2005, page : 10158. 
 
3- Ibn : « l'OCDE estime que l'aide publique au développement consentie par le G8 et d'autres bailleurs de fonds à l'ensemble des pays en développement augmentera désormais d'environ 50 milliards de dollars chaque année entre 2004 et 2010 ». La moitié de cette aide sera destinée aux pays en développement africains »
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