Jean-Marie ORIHUEL,Josyane ROYERE, Jean-Claude GAGNON et toute leur équipe ont projet de vous faire percevoir les valeurs et messages du "Mouvement Démocrate".
Nous n’avons remplacé qu’un mot dans la phrase lancée en janvier 1881 par Georges Clemenceau, face à ceux qui dénonçaient les violences de la Terreur : « Messieurs, que nous le voulions ou non, la Révolution française est un bloc ». M. Sarkozy aurait été bien inspiré de préférer cette référence à une condamnation formelle du colonialisme. Selon le Monde d'aujourd'hui, « il aurait pu être l’homme de la réconciliation avec l’Algérie ». Réconciliation évidemment souhaitable, si tant est que les liens noués depuis 45 ans, les relations commerciales, les nombreux visiteurs ou travailleurs algériens en France ne témoignent pas déjà d’une entente, de projets d’avenir, et d’un oubli de fait. Toutefois, des dirigeants paraissent désirer beaucoup plus : l’humiliation comme une vengeance. A la différence du précédent président, il est improbable que M. Sarkosy trouve à l’avenir une volupté à s’accuser et à se repentir. Il est regrettable cependant que ce voyage ait été maintenu, alors que tout indiquait ce qui lui serait demandé. Les propos anti-juifs d’un ministre algérien, propos à la fois généraux (le lobby juif) et précis, lorsqu’il s’agissait du président de la France et de son ministre des affaires étrangères, auraient dû suffire à comprendre le climat qui l’attendait. Trois points méritent un commentaire supplémentaire. 1°) Peu nous chaut la judéo phobie de certains en Algérie. En revanche, contester la composition de la délégation française pour ce prétexte identitaire est grave, car cela risque d’accréditer, auprès de nos concitoyens, la vielle thèse selon laquelle il est dangereux (ou préjudiciable) de laisser des juifs exercer des responsabilités en France. Le propos du ministre algérien visait en effet des dirigeants français qui disposaient pourtant – ironisons un peu – d’autres mérites que celui d’avoir quelques gouttes de sang juif. Il aurait fallu clamer à leurs oreilles que la France ne revivra plus l’époque de l’injure à ses dirigeants comme Blum, Mandel, pour ne citer qu’eux. 2°) Nous ne devons pas permettre aux pays que nous visitons d’exclure de la délégation tel chanteur, plus pour ses opinions que pour ses attaches religieuses, ou d’exiger des certificats de baptême comme au temps de M. Jobert, ministre des affaires étrangères de la France en 1972. 3°) Quant à la colonisation, d’autres que nous en vanteront les nombreux bienfaits en Algérie, comme en Afrique. Mais la colonisation est un bloc. Même « injuste », elle n’a pas été dépourvue de mérite. Voulons-nous que les nouvelles générations se penchent sur l’injustice de la colonisation de Marseille par les phéniciens, les grecs, les romains ?