Celui qui avait démarré à 6% dans les sondages en janvier avant de devenir le "troisième homme" de la campagne a cité la devise d'Henri IV: "le béarnais est pauvre, mais il ne baisse pas la tête".
Ce dernier grand meeting avant le premier tour a coïncidé avec la publication par le journal Le Monde d'un éditorial intitulé "Impératif démocratique", appelant à un second tour Ségolène Royal/Nicolas Sarkozy "pour assurer les chances d'un vrai choix".
M. Bayrou, qui est crédité de 17% à 20% par plusieurs instituts de sondages, mais de 15% seulement par BVA, y a trouvé l'occasion de se présenter de nouveau en candidat anti-système, déterminé à appliquer le "principe de séparation entre les intérêts puissants et l'Etat".
"En face de cet immense mouvement de peuple" qui le soutient, il a décrit "le feu croisé, avec une violence jamais atteinte, de ceux qui ont un programme commun: surtout ne rien changer".
Mais "c'est le peuple qui décide!", a-t-il lancé, assurant que son élection serait "la loi de l'emmerdement maximum" pour "tous les puissants" voulant défendre "leur privilège principal, le monopole du pouvoir".
"Je suis décidé à conduire cette révolution là", a-t-il affirmé.
Cette "bonne vieille connivence entre les pouvoirs financier, politique et médiatique, voilà ce que nous menaçons par notre existence même", a-t-il assuré.
Il a pris l'engagement d'"enlever le pouvoir" à l'UMP, au PS et à leurs "réseaux", réaffirmant être "le seul à pouvoir gagner le deuxième tour contre l'hyper favori qu'on nous présente dans tous les sondages".
Le député des Pyrénées-Atlantiques a assuré que pour les citoyens, son élection serait "sans risques, avec un président équilibré, modéré, qui aime la France plus qu'il n'aime le pouvoir, qui a des racines, qui a une vocation de rassembleur, qui peut parler et respecter ceux qui ne sont pas du même avis que lui".
Une image qu'il a opposée, sans le nommer, à celle qu'il attribue habituellement à Nicolas Sarkozy.
"A force de faire monter les tensions, entre les communautés, entre les origines, entre les religions, entre les couleurs de peau, on rend la France dangereuse", a-t-il dit dans une critique implicite de son rival UMP. "Je veux la France en sécurité, apaisée", a-t-il ajouté.
La réunion s'est conclue par la Marseillaise, suivie de l'hymne pyrénéen chanté en béarnais, comme lors de la déclaration de candidature de M. Bayrou, le 2 décembre dernier dans le village voisin de Serres-Castet. Dimanche, il votera à Pau avant de rejoindre son QG de campagne à Paris pour la soirée électorale.